ville de Thur

Historique de la ville de Thuré

L'envigne - commune de Thuré« Il fait bon vivre à THURE » proclame l’autocollant que beaucoup de Thuréens affichent sur le pare-brise de leur voiture. Sous l’aile bleue de l’horizon s’étend l’arc vert de la forêt et la flèche du clocher signale un village bien abrité au pied du versant qui borde la vallée de l’Envigne. C’est ainsi qu’on voit le bourg, en arrivant de Châtellerault, entouré des belles demeures qui soulignent l’orée des bois. C’est ainsi que devaient le voir les paysans qui, de génération en génération, ont façonné par leur travail ces paysages, bien avant que l’urbanisation récente ait doublé l’étendue du village et fait de Besse un faubourg de Châtellerault.

La commune actuelle est vaste. Voilà deux siècles encore, c’était la paroisse qui regroupait les habitants. Ils venaient voir le curé de l’église Saint-Pierre pour les baptêmes, les mariages et les enterrements, mais ceux des écarts ou de Besse avaient leurs propres chapelles, pour ne pas marcher trop longtemps. Paysans ou artisans, ils travaillaient proches de chez eux, et se retrouvaient pour la messe paroissiale du dimanche matin, à l’issue de laquelle le curé faisait les annonces officielles, ou pour les grandes occasions, comme  la foire qui avait lieu le jour de la fête du saint patron de l’église, le 29 juin. 

Maintenant, les Thuréens travaillent pour la plupart à l’extérieur de la commune. Ils peuvent trouver dans le bourg les services de proximité dont ils ont besoin et les manifestations sont l’occasion de se retrouver. Mais que savent- ils de la façon dont on vivait dans leur commune du Moyen-Age à la Révolution française ?

En dehors de quelques traces d’occupation au néolithique, rien ne signale notre village à l’Histoire avant le XIIe siècle, où Turec apparaît dans des registres en latin et où s’achève la construction de l’église Saint-Pierre.

Au XVe siècle, quand les troubles de la guerre de Cent Ans poussent les seigneurs à protéger leurs terres, le bourg de Thuré entoure un petit château fortifié construit par les évêques de Poitiers, propriétaires de ce fief aux limites de leur diocèse.

En 1447, Le château épiscopal change de mains ; de petite place forte il va se transformer au XVIIe siècle en demeure de plaisance pour seigneurs, agrémenté de dépendances, d’un jardin et d’un parc dont l’espace du village garde encore la trace en zone  non bâtie.

Les petits et grands seigneurs tirent, tout comme les curés, leurs revenus du travail des paysans, qui cultivent tant bien que mal du blé, de l’avoine et de l’orge sur les pentes, de la vigne et du chanvre (textile !) dans la vallée, et leur versent des impôts ou des loyers en nature.

Puis 1789 fait de nouveau sortir Thuré de l’ombre : les habitants rédigent leur cahier de doléances, élisent leur curé maire. Le « Palais » symbole du pouvoir des seigneurs, propriété des marquis de Scorbé-Clairvaux, est peu à peu abandonné, utilisé comme carrière, enseveli sous les constructions.

Au XIXe siècle, une ligne de tramway est prévue entre Châtellerault et Loudun. Elle n’a pas laissé d’autre trace qu’une gare, mais l’arrivée du chemin de fer de l’autre côté de la Vienne en 1850 a modifié l’orientation agricole de la vallée de l’Envigne : l’ouverture des marchés pousse les agriculteurs à produire des primeurs dans les sables. Les asperges et les petits pois font la renommée de Besse et sont expédiés par le train. De nos jours, c’est l’Union Européenne qui conditionne le choix des cultures, les champs se couvrent de blé, de maïs, de tournesol ou de colza. L’élevage est concentré dans quelques fermes, mais on élève aussi des abeilles et on cultive des melons.

La commune a donc beaucoup changé, d’abord au XIXe siècle, quand les principales maisons du bourg furent construites, avec une recherche d’unité architecturale, et surtout  dans les dernières années du XXe siècle, avec les nouvelles habitations qui ont tant renouvelé l’aspect, l’étendue et la population du bourg et de Besse. C’est à ces nouveaux Thuréens que cette présentation s’adresse, pour les inciter à découvrir, à pied et l’œil aux aguets, tous les trésors cachés de leur patrimoine.

Marianne MABILLE - Vice-Présidente de l’association "Thuré Ma commune au fil de l’histoire"